Ce texte est une adaptation d'un travail basé sur des questions posées par des élèves, des étudiants et des enseignants en France en 1985.
Son objectif est d'informer le public sur la rage avec aussi peu de termes scientifiques et techniques que possible.
Question 1: Quel microbe cause la rage?
Question 2: Comment reconnaît-on la rage chez l'homme ou chez l'animal?
Question 3: La rage est-elle toujours mortelle? Si oui, en combien de temps?
Question 4: How do man and animals risk rabies infection?
Question 5: Comment éviter d'attraper la rage?
Question 7: 7. La vaccination contre la rage est-elle efficace et sans danger?
Question 8: Quel animal transmet le virus de la rage?
Question 9: La rage existe-t'elle dans tous les pays?
Question 10: Comment la rage entre-t'elle dans un pays? Comment peut-elle être éliminée?
La rage est causée par un virus, le virus rabique, qui peut infecter tous les mammifères y compris l'homme. Ce virus possède une grande affinité pour le système nerveux, il est dit neurotrope. La maladie est due à la réplication du virus dans le système nerveux (comme le virus se multiplie, la maladie est dite infectieuse). La maladie n'est transmise que directement d'un individu infecté à un individu sensible (elle est dite contagieuse).
Comme tous les virus, le virus de la rage ne peut pas se répliquer tout seul dans le milieu extérieur (matières organiques, sol, eau, …) en cela il est différent de la plupart des bactéries. Il doit nécessairement pénétrer dans une cellule de mammifère qu'il va utiliser pour se faire multiplier. Le virus de la rage, incapable de se répliquer en dehors d'une cellule sensible, est appelé un parasite intracellulaire obligatoire.
Le virus rabique est fragile, il est détruit par la lumière, la dessiccation lente, la chaleur, un milieu acide ou basique. Les températures basses le protègent. Il résiste aussi assez bien à la putréfaction lorsqu'il est protégé par des matières organiques, ce qui veut dire que le virus de la rage peut résister parfois plusieurs jours dans le cadavre d'animaux morts de rage. Cependant, à cause de la grande fragilité du virus rabique, aucune transmission indirecte de la maladie due au transport de matière infectée par un oiseau, un insecte ou un instrument n'a jamais été observée. Le seul mode de transmission est une transmission directe d'un individu enragé à un individu non infecté.
Le virus rabique se multiplie principalement dans les cellules du système nerveux.
A partir de son site d'entrée dans l'organisme, le plus souvent une morsure, le virus voyage le long des cellules nerveuses, les neurones. Dans les neurones, il perturbe fortement le fonctionnement de la cellule, mais sans altérer visiblement sa structure. Ces perturbations entraînent des signes cliniques qui dépendent de la zone du cerveau où le virus se multiplie. Cependant, malgré leur variabilité, ces symptômes ont un certain nombre de points communs, quelle que soit l'espèce infectée.
Il faut distinguer deux situations :
Ces risques dépendent des circonstances de l'exposition, de l'individu infecté et de l'origine du virus. Pour pouvoir atteindre le système nerveux, le virus doit entrer en contact avec une muqueuse (l'oeil par exemple) ou être “injecté” sous la peau, le plus souvent à l'occasion d'une morsure.
Ce risque a été évalué par l'Organisation Mondiale de la Santé qui a défini trois classes de risque croissant :
Mais, même ce risque maximum atteint rarement 100%, sauf si le virus est parfaitement adapté à l'espèce contaminée (voir la question 1). Cette situation est typiquement celle où un chien est mordu par un chien ou un chacal enragé en zone de rage canine; le risque est sensiblement réduit lorsqu'on passe d'une espèce à une autre, par exemple lorsqu'un homme est mordu par un chien enragé. Cependant, quel que soit le degré d'exposition, les blessures doivent toujours être lavées immédiatement et soigneusement avec de l'eau chaude et du savon puis un médecin doit être consulté et averti du risque de rage dès que possible.
Une fois que les premiers symptômes apparaissent, le risque de mort est extrêmement élevé. On a longtemps considéré que ce risque était de 100% ('la rage est toujours mortelle'), quelques observations récentes ont montré que des animaux réellement enragés pouvaient survivre après l'apparition des premiers symptômes, en particulier si la souche de virus n'est pas adaptée à l'espèce animale. Quelques cas ont aussi été rapportés chez l'homme, tous après un traitement spécifique, mais ils constituent de telles exceptions qu'il n'est pas possible de les prendre en considération dans le pronostic de la maladie.
Il faut donc continuer à considérer qu'actuellement, en l'absence d'un traitement antiviral spécifique, un individu qui présente les premiers signes de la rage mourra de la maladie. La mort se produit en général quelques jours après l'apparition des premiers signes de la maladie. Une durée plus importante a parfois été rapportée (jusque 2 à 3 semaines) en particulier lorsqu'un traitement qui maintient les fonctions vitales (respiration) et qui contrôle la douleur et les accès nerveux est mis en place. Parfois la mort peu arriver en quelques heures.
Les rares individus qui ont survécu présentent en général de graves séquelles nerveuses.
Deux conditions doivent être remplies pour que l'infection se produise :
Le virus doit traverser la peau et ainsi se retrouver au contact des terminaisons nerveuses sous-cutanées ou musculaires ou bien être déposé sur une muqueuse qui est toujours fortement innervée (Voir la question 3).
En fait, à cause de toutes ces conditions, le contact avec le virus ne se produit que lors de la morsure d'un animal enragé ou en incubation de rage (voir la remarque) ou lorsqu'un tel animal lèche une muqueuse ou une peau abrasée. Une autre possibilité est le contact de la main ou du bras présentant des érosions cutanées avec la cavité buccale (et donc la salive) d'un animal comme un bovin ou un autre herbivore. Le meilleur moyen d'éviter l'infection est d'éviter les animaux qui ne nous sont pas familiers - en particulier les chiens errants, les chats et tout animal sauvage qui présente un comportement inhabituel et familier.
Une transmission directe entre humains par la salive n'a jusqu'ici jamais été prouvée. Cependant plusieurs cas de transmission entre personnes ont été identifiés lors de greffes de cornée et plus récemment d'autres organes prélevés sur des donneurs morts de rage.
La transmission par aérosols est aussi très inhabituelle et ne peut pratiquement se produire qu'après un accident en laboratoire.
En ce qui concerne la transmission par contact avec un cadavre infecté, employés d'abattoirs et chasseurs doivent faire attention lors de la préparation des carcasses, en particulier lors de la préparation de viande de brousse. De plus la manipulation de ces carcasses expose aussi éventuellement à d'autres agents pathogènes. Cependant, pour en revenir à la rage, le virus a de toute façon besoin d'une porte d'entrée comme une coupure ou une abrasion cutanée.
La transmission lors du contact avec des objets contaminés est très improbable. Il faut se rappeler que le virus de la rage est un virus très fragile, sensible à de très nombreux désinfectants et agents d'inactivation. Seules des blessures profondes causées par des instruments qui viennent juste d'être contaminés par le virus présentent un risque certain car elles effectuent une véritable injection de matériel infecté.
La transmission par ingestion de viande d'animaux morts de rage est elle aussi très improbable d'une part car le virus rabique est principalement trouvé dans le tissus nerveux et d'autre part car la chaleur de la cuisson inactive le virus. Ce risque théorique reste spécifique aux animaux carnivores et omnivores.
Un point très important à propos de la transmission du virus est que les animaux infectés peuvent excréter le virus de la rage dans la salive avant l'apparition des symptômes. Cette période peut atteindre 14 jours chez le chien et 29 chez le renard roux. Une morsure peut donc être contaminante, même si l'animal mordeur ne présente encore aucun signe de rage.
C'est pourquoi un chien qui a mordu une personne et qui est suspect de rage, même s'il semble normal, n'est pas abattu immédiatement. Il est préférable de le garder en observation 15 jours chez un vétérinaire. Si l'animal meurt ou est abattu après la morsure ou pendant la période d'observation, sa tête doit être envoyée au laboratoire de diagnostic pour examen immédiatement. Si l'animal mordeur ne montre aucun signe anormal à la fin de la période d'observation, on est certain qu'au moment de la morsure il n'excrétait pas de virus dans sa salive. Mais cela n'exclut pas le fait que plus tard, cet animal peut développer la rage et en mourir.
La rage est due à la multiplication du virus de la rage ou d'un virus apparenté à la rage dans le cerveau. Une fois entré dans l'organisme, en général à l'occasion d'une morsure, il faut un certain temps au virus pour atteindre le cerveau et pour que la maladie se déclare et tue. Pour éviter d'attraper la rage, certaines précautions sont essentielles :
Sauf si on est formé et entraîné, ne jamais aller au devant d'un animal enragé ou suspect de rage et éviter tout contact avec des animaux errants ou sauvages. Les animaux sauvages enragés approchent souvent les hommes et semblent “apprivoisés”. Ne jamais essayer d'approcher ou de manipuler un animal sauvage qui ne fuit pas lorsqu'il a remarqué votre présence. Les attaques d'animaux domestiques sont d'habitude plus fréquentes - éviter tout chat ou chien qui ne vous est pas familier. Les chats et chiens enragés changent souvent de comportement, ils essaient de se cacher et peuvent attaquer si vous essayez de les attraper. Ils peuvent aussi devenir plus irritables ou plus familiers ou bien perdre tout instinct de conservation. Il ne faut en aucun cas les manipuler, les déplacer et surtout les provoquer. Les herbivores (bovins, moutons, chèvres, chevaux) présentent souvent des difficultés à avaler, parfois ils semblent avoir un corps étranger coincé dans la gorge. Ne jamais chercher à retirer ce corps étranger à main nue.
Par manque d'attention ou suite à une attaque délibérée de l'animal, immédiatement laver soigneusement la blessure à l'eau et au savon pendant au moins 10 minutes Bien que ce lavage soigneux réduise le risque, cette première précaution est insuffisante pour éliminer tout risque. Un médecin doit être consulté immédiatement. Lors de la consultation, le prévenir de la suspicion de contamination, il complètera alors les premiers soins et/ou orientera la victime vers un centre de traitement anti-rabique. La blessure ne doit pas être suturée car cela aide la diffusion du virus. Les guérisseurs traditionnels ne disposent pas de vaccin et peuvent vous induire en erreur; cependant de plus en plus sont informés sur la rage et vous orienteront vers un centre médical où vous pourrez recevoir le vaccin et le traitement post-exposition. En cas de contamination d'un animal, consulter immédiatement un vétérinaire. L'avenir de l'animal dépendra des circonstances de l'exposition et de la réglementation nationale concernant la rage. En général, si l'animal est vacciné de manière préventive, identifié et a reçu un rappel dans les 5 jours, il est conservé, sinon il est euthanasié.
C'est le cas des animaux domestiques vivant dans des zones où la rage est fréquente ou bien d'animaux qui ne sont pas sous surveillance constante, comme les chiens de chasse, les chiens de berger, les chats, bovins, ovins, caprins, etc … C'est aussi le cas des personnes exposées au risque de par leur travail (vétérinaires, personnel de laboratoire, etc). Dans tous ces cas une vaccination préventive est recommandée, de plus cela simplifie aussi le traitement en cas d'exposition (voir la question 6). Dernier avantage, cette vaccination préventive des animaux par la protection qu'elle leur assure, évite qu'ils contaminent les gens qui s'en occupent.
La vaccination antirabique consiste à administrer un virus de la rage rendu inoffensif (par traitement chimique ou physique ou bien par mutation), ce qui permet à l'individu vacciné de développer une résistance spécifique.
Le nombre de doses administré dépend du protocole vaccinal suivi.
Une dose de vaccin est injectée avec un rappel ou deux en 2 à 3 semaines, la protection est installée 15 à 30 jours plus tard. Une injection de rappel doit être effectuée 1 an plus tard. Chez l'homme les rappels sont ensuite effectués tous les 3 à 5 ans ou bien seulement lorsque le contrôle sérologique montre une baisse de l'immunité sous le seuil de protection.
Cette protection est principalement due à la fabrication et à la circulation dans le sang de substances spécifiques capables de neutraliser le virus rabique, les anticorps. Il est utile de contrôler le niveau de la protection en dosant ces anticorps car, exceptionnellement, certains individus ne peuvent pas répondre à la vaccination. Cependant ce type de dosage peut être cher et n'est effectué que dans certains laboratoires spécialisés.
Comme il faut en général quelques semaines pour que le virus atteigne les centres nerveux, il y a le temps pour vacciner la personne contaminée et pour que la protection s'installe. Il est recommandé que la personne contaminée reçoive la Prophylaxie Post-Exposition (PEP) dans les 48 heures après la contamination. Cela accroît la probabilité de succès du traitement. Plus le délai avant le début de la PEP est important, plus le risque de défaut de protection et de rage est important. Après la première injection de vaccin, plusieurs autres doses sont administrées dans les 3 à 6 semaines selon le schéma de traitement suivi.
En général, les personnes ne sont pas vaccinées de manière préventive, sauf si elles sont particulièrement exposées. C'est le cas des gens travaillant en milieu infecté, au contact de personnes ou d'animaux enragés ou suspects de rage, en laboratoire, etc. Dans les autres cas, vues les conditions nécessaires à la contamination (voir la question 4), cette vaccination est coûteuse et non nécessaire.
Un animal qui n'est pas vacciné de façon préventive ne sera jamais traité après contamination pour les raisons suivantes :
Les animaux qui ne sont pas vaccinés de manière préventive sont euthanasiés en cas de contamination. Les propriétaires d'animaux qui ne déclarent pas leur contamination pour les conserver et ne pas perdre d'argent, prennent un risque inacceptable pour eux-mêmes, leurs proches et les animaux qui vivent à proximité. Cela devrait encourager les gens à faire vacciner leurs animaux domestiques lorsqu'ils sont jeunes et à maintenir cette protection avec des rappels annuels. Bien que cela ait un coût certain, cela sera de toute façon moins cher que la perte d'un animal à cause de la rage. De plus si l'animal vacciné est contaminé, il pourra être conservé après avoir reçu un rappel.
Aucune vaccination, quel que soit le vaccin, ne peut être garantie 100 % efficace et 100 % sans risque. Cependant, les vaccins antirabiques recommandés par les organismes internationaux (vaccins sur culture cellulaire à virus tué) sont considérés parmi les plus efficaces et les plus surs des vaccins actuellement disponibles. Certains pays continuent à produire des vaccins antirabiques sur tissu nerveux ; ces vaccins ont une efficacité variable et peuvent entraîner des pathologies secondaires à la vaccination. L'organisation mondiale de la santé recommande l'arrêt de la production de ces vaccins et leur remplacement par des vaccins produits sur culture cellulaire et utilisant 1 virus inactivé (tué).
Un vaccin antirabique utilisé à titre préventif doit titrer au moins 1 unité internationale par dose. Les vaccins utilisés lors d'un traitement post exposition doivent titrer au moins 2,5 unités internationales par dose. Ces vaccins permettent d'obtenir une quantité suffisante d'anticorps neutralisant chez l'homme ou chez l'animal (plus de 0,5 unités internationales par millilitre).
Tous les mammifères (chien, chat, bovin, chèvres, etc.) peuvent être immunisés contre la rage mais chaque espèce peut requérir différentes choses par exemple un type de vaccin, un certain nombre d'injections, etc. C'est au vétérinaire de connaître et appliquer ces recommandations.
Lorsqu'un vaccin efficace est utilisé chez un mammifère (y compris l'homme), l'immunité s'installe en 2 à 3 semaines après la 1ère vaccination et en 7 à 10 jours après 1 rappel vaccinal. Cependant, environ 1 % de la population ne répond pas ou très mal à la vaccination, à cause d'une défaillance du système immunitaire et non du vaccin.
C'est pourquoi l'efficacité de n'importe quel vaccin ne peut jamais être totalement garantie. C'est aussi la raison qui fait qu'un animal exposé à la rage, même s'il était vacciné et qu'il a reçu un rappel, va voir ses déplacements contrôlés pendant 6 à 9 mois par les services vétérinaires qui doivent aussi être informés de toute maladie ou mort de l'animal (voir la question 4).
Les vaccins recommandés sur culture cellulaire qui sont injectées ne contiennent aucune particule virale vivante. Il n'y a donc absolument aucun risque que ces vaccins induisent la rage. Quelques rares réactions secondaires peuvent être observées, essentiellement des réactions locales au point d'injection. Parfois des réactions allergiques, en particulier après des vaccinations répétées, sont aussi observées. Cependant ces réactions secondaires restent très inhabituelles, elles peuvent le plus souvent être prévues, prévenues et traitées.
Il faut souligner que les vaccins antirabiques sont parmi les vaccins les plus sûrs lorsqu'ils sont préparés et contrôlés selon les méthodes modernes.
Les seuls vaccins qui peuvent être moins efficaces ou produire des effets secondaires sont ceux qui ont été produits dans des conditions incorrectes ou ceux qui n'ont pas été conservés correctement.
Des vaccins à virus vivant atténué ont produit certains problèmes chez l'animal ; c'est pourquoi les organisations internationales recommandent de ne plus utiliser les utiliser. • Note 1 : La vaccination d'un animal en incubation de rage après une contamination qui n'a pas été identifiée n'a jamais rallongé la durée d'incubation. Cette vaccination peut même parfois accélérer le déclenchement de la maladie. • Note 2 : Il n'a jamais été observé d'animaux vaccinés qui semblent sains et qui portent pourtant la maladie.
Il faut distinguer les espèces qui peuvent être infectées par le virus de la rage et celles qui sont capables de maintenir la maladie à un endroit donné. Tous les mammifères, y compris l'homme, peuvent être atteint par la rage s'ils sont exposés à une quantité suffisante de virus. Seules certaines espèces de mammifères permettent la transmission et la persistance d'une souche de rage dans une région donnée, ces espèces sont appelées vecteurs ou réservoir.
La rage est associée de manière traditionnelle au chien qui est le principal vecteur de la maladie partout en Afrique et dans différentes régions d'Amérique latine et d'Asie. Plus de 90 % des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chiens enragés. En plus du chien, d'autres espèces peuvent maintenir le virus adapté aux chiens, en particulier les espèces sauvages. Par exemple, en Afrique, le chacal et le renard à oreilles de chauve-souris (otocyon) sont aussi des vecteurs importants de la maladie. Dans le sud de l'Afrique, les mangoustes sont des vecteurs d'une souche spécifique de virus rabique qui leur est adaptée. Certaines espèces de chauves-souris sont aussi des vecteurs connus de la rage, en particulier les vampires en Amérique latine où cette espèce infecte fréquemment les bovins. D'autres espèces de chauves-souris peuvent transmettre la rage, la majorité des chauve-souris enragées semble malade et montre aussi un comportement inhabituel (comme le vol en plein jour, etc.).
Il est important de rappeler que si tous les mammifères sont sensibles à la rage, il n'y en a qu'un petit nombre qui peut être réservoir et vecteur de la maladie. Cela signifie qu'il faut être prudent lors de la mise en place de mesures d'éradication de la rage afin de ne pas choisir une mauvaise espèce cible de ces mesures. Une surveillance efficace et à grande échelle basée sur le diagnostic de laboratoire est essentielle à identifier les espèces importantes dans le cycle de la rage, car elles vont constituer la majorité des cas ; les autres cas étant contaminés par cette espèce réservoir. Dès que la rage est contrôlée dans l'espèce réservoir tous ces cas annexes disparaîtront. Par exemple, cela veut dire qu'il est inutile d'essayer de tuer tous les chacals dans une zone infectée par la rage du chien pour contrôler cette rage du chien. Une telle stratégie n'aurait aucun impact sur la rage du chien et pourrait même empirer le problème. Le meilleur moyen de contrôler la rage passe par des programmes de vaccination planifiée des animaux à l'échelon régional ou national. Cette vaccination permet de couper le cycle de la rage qui maintient la maladie. De plus, la vaccination des animaux domestiques éliminera le risque que ces animaux infectés par l'espèce réservoir ne contaminent des gens. C'est aussi le seul moyen de protéger ces animaux et de limiter les pertes chez le bétail.
La rage existe dans toutes les régions du monde. Seul l'Antarctique, l'Australie, quelques îles et certains pays ne sont plus infectés ou sont toujours indemnes de la maladie sous sa forme endémique. La liste de ces pays est mise à jour par les organismes internationaux (l'Organisation Mondiale de la Santé, OMS et l'Organisation mondiale de la santé animale, OIE). Cependant la situation de la rage dans plusieurs pays africains est très peu connue, et tous les pays d'Afrique sont considérés comme infectés par une rage endémique.
Le principal vecteur de la rage peut varier d'un pays à l'autre. Dans une zone donnée il n'y a en général qu'une seule espèce réservoir de la maladie. Par exemple, dans les pays d'Afrique le chien domestique est le principal vecteur. En Amérique du Nord la moufette et le raton laveur sont les principaux vecteurs de la rage depuis l'éradication de la rage du chien. Cependant, quel que soit le pays, tous les mammifères peuvent être exposés. Ce n'est que la probabilité d'exposition et la capacité à transmettre la maladie qui varie.
Si la rage a sévi pendant une longue période, elle peut être éliminée dans certaines conditions :
Comme il a été mentionné dans laQuestion 8, des chiens domestiques non vaccinés créent un risque important pour l'homme et pour les animaux domestiques dans les zones à rage canine et aussi dans les zones où la rage est maintenue par des animaux sauvages.
S'il y a un foyer isolé de rage, des mesures immédiates de contrôle de la maladie doivent être prises comme le contrôle des mouvements des animaux sensibles, l'euthanasie des animaux non vaccinés infectés ou qui ont été au contact d'animaux enragés. Cela réduit le risque de diffusion de la maladie. Ces mesures ont montré leur efficacité dans des pays libérés ou partiellement libérés.
Le pays peut être considéré indemne de rage lorsqu'aucun cas de rage locale n'a été identifié dans le pays pendant 2 ans.
La seule possibilité pour qu'un tel pays indemne de rage soit infecté est l'entrée d'un animal enragé vivant dans le pays.
Dans le cas d'une rage des animaux sauvages, ce contrôle est impossible. La préservation de l'état indemne de rage est basée sur l'échange de données sur la rage entre pays limitrophes et aussi sur la mise en place d'une barrière vaccinale le long des frontières lorsque les pays voisins sont infectés.
Tout ce qui est théoriquement nécessaire pour éviter l'entrée de la rage dans un pays indemne est d'interdire l'introduction de mammifères vivants, sauf après un période de quarantaine et de vacciner tous les animaux sensibles dans le pays.
Ces mesures sont très onéreuses et rendent difficiles les voyages en dehors du pays avec des animaux. C'est pourquoi la quarantaine est le plus souvent remplacée par une vaccination antirabique obligatoire associée à une identification fiable des animaux et à un contrôle sérologique.
La réputation de la rage est principalement dûe au fait qu'elle est transmissible à l'homme et aussi qu'elle peut affecter le bétail. Mais, même dans des pays en développement, la rage est en général presque à la dernière place des causes de mortalité par maladies infectieuses dans les statistiques.
Bien que la rage tue près de 55 000 personnes tous les ans (c'est-à-dire 6 personnes par heure), elle reste une maladie sous déclarée et négligée, principalement en Afrique où certains pays ne surveillent même pas la rage.
Bien que la rage soit une maladie sérieuse qui fait tant de victimes, elle peut être prévenue à 100 % au moyen de campagnes de vaccination, d'une bonne surveillance de la maladie et de campagnes d'information. Si les gens reçoivent 1 traitement post-exposition complet à temps lorsqu'ils ont été contaminés, le risque de mort humaine tend très vite vers 0. Il est aussi vital que les animaux soient vaccinés correctement et qu'ils reçoivent régulièrement des rappels pour prévenir la diffusion de la maladie dans les communautés villageoises en zone d'endémie. Un système de surveillance de la maladie est lui aussi essentiel, il permet de déterminer où des campagnes de vaccination doivent être entreprises, de mesurer leur efficacité et de choisir les endroits où un effort particulier doit être porté pour éradiquer les derniers foyers de la maladie.